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Actualit�s Pr�sidentielles

Lundi 14 Avril 2008

Le Doyen Omar Bongo Ondimba �claire la lanterne des d�tracteurs de la Fran�afrique

A l’occasion de la visite officielle au Gabon des deux émissaires du président Sarkozy, le Secrétaire Général de l’Elysée, Claude Guéant et le tout nouveau Secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, le Chef de l’Etat Omar Bongo Ondimba, suite à la crispation des relations entre la France et le Gabon, réagissant pour la première fois depuis cette montée de tensions, a tenu à sensibiliser la presse et les autorités françaises sur la bonne gestion des relations de coopération post-coloniale, qui unissent les deux pays, au cours d’un entretien qu’il a accordé à la presse nationale et internationale ce dimanche 13 avril 2008, en présence de ses hôtes, des plus hautes autorités de l’Etat gabonais, et des membres de son gouvernement.

« Si on veut parler de la France et de ses anciennes colonies, il faut remonter à 1960, lors des indépendances. Mais bien avant, on était des colonies françaises, et quand on est devenu indépendant, il y a des accords qui ont été signé, on ne peut pas fouler ces accords du pied, ni les critiquer parce qu’il y a un nouveau Monsieur l’Afrique à la rue Monsieur, mais, il a osé…nous attendons. Si vous voulez signer un acte de décès…il y a des occasions pour le signer, Sarkozy passera, Bongo passera, lui passera, la France restera, le Gabon restera, nous avons déjà assisté à ce genre de numéro, je crois qu’il se trompe d’époques et de personnes », a déclaré le président de la République du Gabon, en présence des autorités françaises, à la tête desquelles se trouvait le Secrétaire Général de l’Elysée et le Haut représentant de France au Gabon, Jean Marc Simon.

C’est donc à bâtons rompus, le cœur aux lèvres, que le Doyen Omar Bongo Ondimba, revisitant l’historique de la coopération Gabono-française, a entre quelques aspects relevés dans les égarements qui ont conduit à cet incident diplomatique, a effectué un bilan non exhaustif des époques et des personnes qui ont piloté, dans le passé, cette coopération séculaire et riche en échanges ; toutes choses qui l’ont conduit a pensé que Jean Marie-Bockel, ancien secrétaire d’Etat français à la coopération aurait confondu les personnes et les époques lors qu’il déclarait la signature de l’acte de décès de la Françafrique. Faisant par ailleurs la revue des propos malveillants qui on été adressé par des français (autorités et presse) concernant sa personne et sa gestion du pays, le président de la République s’est voulu sobre, mais sans ambages sur ces attitudes qu’il a jugé ridicules et rétrogrades.

« Quand Mitterrand est arrivé à la tête de la France, d’aucuns ont pensé qu’il y allait avoir des bouleversements, des changements, avec un président socialiste de gauche, mais au contraire, il était venu en visite d’Etat au Gabon, je suis allé en visite, non pas visite tout court, mais visite d’Etat. Je suis allé à Paris, il est venu au Gabon, et Mitterrand c’était Mitterrand. Et on a essayé de faire la même chose avec Sarkozy, lui demandant pourquoi il tenait à aller au Gabon, qu’il y a un monstre, un corrompu, un dictateur qui dirige le Gabon sans partage…je ne sais pas ce que vous français entendez par « sans partage ». Au Gabon il y a toutes les institutions, l’Assemblée nationale, le Sénat, la Cour Constitutionnelle, un président de la République, un Vice-président de la République, un premier ministre chef du gouvernement. Si vous prenez la Constitution gabonaise, vous ne verrez pas qu’il y a un seul homme, président fut-il, élu par ses compatriotes, qui a le monopole du pouvoir…je ne peux pas répondre à un ministre. Ici, pour répondre à ces propos, c’est le Conseil des ministres qui s’est prononcé. La presse est libre non seulement en France, mais aussi au Gabon, et elle va être plus que libre au Gabon, mais nous africains, nous avons un certain sens de l’honneur, de l’Amour propre, on ne s’attaque pas aux gens pour dire des choses, quand on est petit, on agit comme tel, et quand on est grand, on agit en grand », a ardemment argumenté le Doyen Omar Bongo Ondimba.

Condamnant fermement l’attitude irresponsable du « Monsieur Afrique » sortant, le président de la République a tenu à rappeler la ligne de conduite susceptible de seoir au comportement des personnalités publiques, fussent-elles de nationalité française gabonaise ou appartenant à un autre Etat, un sens de la retenue, de la maîtrise des rouages de la diplomatie et même de la gestion des informations interétatiques dans l’exercice de leur fonctions, qui plus est, quand on est appelé à occuper un poste de ministre. Une occasion propice pour le Doyen des leaders d’Afrique de faire l’état des relations de coopération entre la France et le Gabon, compte tenu de ce que la visite des émissaires de son homologue français, s’inscrit dans le cadre d’une démarche visant à normaliser les relations entre les deux pays, après les expulsions des étudiants gabonais de la France.


« Quand on est membre d’un gouvernement, des propos à l’emporte-pièce ne doivent pas être de mise, quand un ministre veut parler, surtout d’un autre pays, il faut qu’il tourne sept fois sa langue, peut-être la septième fois, il s’apercevra que ce qu’il allait dire c’est un leurre,… ce n’est pas Bongo. Les relations entre la France et le Gabon sont privilégiées, mais de grâce n’allez pas croire que parce que nous faisons désormais une politique dans le sens de la diversification de notre économie, que l’ouverture à d’autres partenaires viendrait bouleverser les choses entre la France et le Gabon », a renchérit Omar Bongo Ondimba, qui minimisant cet incident, a néanmoins pensé que la succession des évènements qui l’ont provoqué, de l’expulsion des étudiants gabonais de France, aux propos vexatoires à son endroit, porte à croire qu’il s’agissait bien d’un complot.

Mais pour le Doyen des chefs d’Etat africains, l’heure étant venue pour dissiper ces égarements, il est plus que jamais tant pour les uns et les autres de prendre leurs responsabilités, et de bien examiner le contexte du changement des relations entre la France et l’Afrique, tant le changement souhaité par Nicolas Sarkozy, n’implique pas forcément la mort de la Françafrique comme l’avait malencontreusement déclaré Jean Marie Bockel, peut-être bien une concertation plus accrue dans la gestion des équlibres, mieux, cette coopération devrait être placée sur la base du gagnant- gagnant, dans le stricte respect des pays partenaires, et de leurs institutions.




Auteur : Andr�-Yves Mbongo'o, Site Officiel du Pr�sident Omar Bongo Ondimba